La question du pardon revient souvent lors de mes différents coachings, notamment le pardon envers soi-même. Parfois, c’est le pardon le plus compliqué.
Une erreur, une décision regrettée, une phrase dite trop vite, un choix fait trop tard, une période qu’on aimerait effacer… C’est du passé et pourtant, nous avons parfois du mal à tourner la page. Pourquoi est-il si difficile de se pardonner ? Et surtout, comment y arriver vraiment, sans se mentir ou sans minimiser ce qui s’est passé ? Je vous en parle dans cet article, bonne lecture !

Se pardonner : de quoi parle-t-on vraiment ?
Avant d’aller plus loin, je souhaite poser une définition claire du pardon envers soi. Parce que ‘se pardonner’, c’est l’un des concepts les plus mal compris en développement personnel.
En effet, se pardonner, ce n’est pas :
- prétendre que ce qui s’est passé n’avait pas d’importance
- effacer le passé comme s’il n’existait pas
- se convaincre que l’on a bien fait
- excuser ses erreurs ou les minimiser
Se pardonner, c’est plutôt :
- reconnaître ce qui s’est passé sans le nier
- comprendre le contexte dans lequel on était à ce moment-là
- accepter qu’on a fait avec ce qu’on avait : les ressources, les connaissances, l’état émotionnel du moment
- décider consciemment de ne plus se punir pour quelque chose qui appartient au passé
Mais quelle est la différence entre les deux ?
La première approche efface. La deuxième libère.

Pourquoi on n’arrive pas à se pardonner : 6 raisons possibles
1 – On confond se pardonner et excuser
Tout d’abord, on peut avoir du mal à se pardonner, car on confond “pardon” et “excuse”. En effet, c’est l’une des croyances les plus répandues et les plus bloquantes. Beaucoup de personnes ne se pardonnent pas, parce qu’elles pensent que se pardonner signifie dire que ce qu’elles ont fait était acceptable. Que ça n’avait pas d’importance et que les autres n’ont pas à en vouloir.
Or se pardonner n’a rien à voir avec minimiser. On peut reconnaître pleinement la gravité de quelque chose et décider malgré tout de ne plus se punir pour ça.
2 – La culpabilité est devenue une identité
Ensuite, à force de se répéter « j’aurais dû », « j’ai mal fait », « je suis nulle »… on finit par s’identifier à ses erreurs. La culpabilité n’est plus un sentiment passager, mais elle devient une façon d’être, une façon de se définir.
Et paradoxalement, certaines personnes s’accrochent à cette culpabilité parce qu’elles pensent inconsciemment que l’abandonner serait une forme de trahison, envers elles-mêmes ou envers ceux qu’elles ont blessés.
3 – Le cerveau est programmé pour retenir les erreurs
Ensuite, les neurosciences l’ont prouvé : notre cerveau a un biais de négativité. Il retient et rejoue les expériences négatives bien plus facilement que les positives. C’est un mécanisme de survie hérité de nos ancêtres qui consiste à dire que retenir ce qui a mal tourné permettait d’éviter de répéter les mêmes erreurs.
Sauf que ce mécanisme, utile à l’ère du mammouth, peut devenir un piège dans nos vies modernes. Le cerveau rejoue en boucle, rumine, ressort les vieilles archives à 3h du matin. Pas pour vous faire souffrir, mais pour vous protéger. Cependant, cela se fait à un coût émotionnel très élevé.
4 – On pense qu’on mérite de souffrir
C’est souvent inconscient. Mais il arrive qu’on s’inflige une punition prolongée parce qu’on pense, quelque part, qu’on la mérite.
- « Si je souffre assez, peut-être que ça effacera ce que j’ai fait. »
- « Je n’ai pas le droit d’aller bien après ça. »
Cette logique de réparation par la souffrance est profondément humaine. Mais elle ne fonctionne pas, car la souffrance ne répare pas, elle épuise.
5 – Le regard des autres pèse
Se pardonner est difficile quand on a l’impression que les autres, eux, n’ont pas pardonné. Ou qu’ils ne pardonneront jamais. Le regard extérieur, qu’il soit réel ou imaginé, peut maintenir dans un état de honte et de culpabilité permanent. Même quand les autres ont tourné la page depuis longtemps, on continue à porter leur jugement supposé.
6 – On ne sait pas comment faire
Parfois, la difficulté n’est pas psychologique. Elle est pratique. On veut se pardonner. On sait que c’est nécessaire. Mais on ne sait pas par où commencer. Personne ne nous a appris à faire ça. Et les injonctions au « pardonne-toi » sans mode d’emploi ne servent à rien.
Ce que la honte fait à votre santé mentale
La culpabilité et la honte que l’on peut ressentir ne sont pas anodines. Elles ont des effets réels sur la santé mentale et physique. En effet, maintenir un état de self-critique permanent active les mêmes circuits neurologiques que le stress chronique. Cela génère de l’anxiété, des ruminations nocturnes, un sentiment d’indignité persistant. Cela peut, sur le long terme, contribuer à la dépression.
La chercheuse Brené Brown, qui a consacré sa carrière à l’étude de la honte, distingue clairement culpabilité et honte :
- La culpabilité dit « j’ai fait quelque chose de mal ».
- La honte dit « je suis quelque chose de mal ».
La culpabilité peut être utile, car elle pousse à réparer, à s’améliorer. Contrairement à la honte, qui paralyse. Elle attaque non pas ce qu’on a fait, mais ce qu’on est.
C’est là que le travail de pardon devient essentiel : pas comme un luxe, mais comme un acte de santé mentale.
Comment apprendre à se pardonner : 5 étapes concrètes
Étape 1 : Nommer ce que vous portez
Tout d’abord, commencez par nommer précisément ce que vous portez. Demandez-vous ce que vous vous reprochez exactement ? C’est-à-dire quelle décision, quelle action, quelle inaction ? Mettre des mots précis sur ce qu’on porte, c’est déjà sortir du flou de la culpabilité générale. Vous pouvez aussi l’écrire pour le matérialiser clairement à l’écrit.
Étape 2 : Replacer dans le contexte
Ensuite, posez-vous les questions suivantes :
- Qui étiez-vous à ce moment-là ?
- Quelles étaient vos ressources, vos connaissances, votre état émotionnel ?
- Qu’est-ce que vous saviez ?
- Et ce que vous ne saviez pas encore ?
On juge souvent ses erreurs passées avec les yeux et les ressources d’aujourd’hui. C’est profondément injuste envers la personne qu’on était.
Étape 3 : Faire la différence entre culpabilité et honte
Par la suite, prenez également le temps de réfléchir à ces questions :
- Est-ce que vous vous reprochez quelque chose que vous avez fait ?
- Ou est-ce que vous vous reprochez d’être quelqu’un de mauvais ?
La première peut se travailler, se réparer, s’intégrer. La deuxième mérite souvent un accompagnement professionnel : un.e psychologue, un.e thérapeute, un.e coach.
Étape 4 : Se parler comme à quelqu’un qu’on aime
Posez-vous cette question : qu’est-ce que vous diriez à une amie proche qui vous raconte exactement ce que vous vous reprochez ? Vous ne lui diriez probablement pas qu’elle est nulle, irresponsable ou impardonnable. Vous lui diriez qu’elle a fait de son mieux. Que ça ne la définit pas. Que vous l’aimez quand même.
Et vous méritez la même douceur.
Étape 5 : Choisir de ne plus se punir
Enfin, se pardonner est un choix conscient et non un sentiment qui arrive tout seul un matin.
C’est décider de ne plus alimenter la punition, même si la culpabilité revient. De ne plus ressortir le dossier à charge. De traiter l’erreur passée comme une information, pas comme une condamnation. Ce choix se fait souvent plusieurs fois. Et c’est normal.
Se pardonner, ça s’accompagne
Certaines blessures sont trop lourdes pour être traversées seule. La difficulté à se pardonner peut être le symptôme de quelque chose de plus profond : une blessure d’enfance, un trauma, une estime de soi profondément fragilisée.
Dans ces cas-là, le travail de pardon doit être fait en étant accompagné. Cela peut être par un.e psychologue, un.e thérapeute ou un.e coach de vie formé.e à ces questions.
Vous traversez une période difficile et souhaitez être accompagnée dans ce travail ? Je vous invite à me contacter pour qu’on en parle ensemble.
Qui suis-je ?
Je m’appelle Anne et je suis psychopraticienne, Maître Praticienne en Approche Neurocognitive et Comportementale. En tant que coach de vie certifiée, j’accompagne les femmes qui sont soumises aux nombreux aléas de la vie.
Avec Focus Femmes, je vous propose un accompagnement personnalisé de coaching de vie. Le but est d’ouvrir l’accès à votre indépendance dans vos choix de vie professionnelle ou personnelle. Mon objectif est de vous aider à découvrir vos forces, lever les blocages, clarifier vos envies/objectifs et projets. Puis, enfin, je vous accompagnerai dans la mise en action.


