Cet été, il a parfois été difficile de détourner les yeux de l’actualité. Entre les épisodes intenses de canicule, les incendies, les images de paysages et de villes touchées et les alertes répétées sur les conséquences du dérèglement climatique, j’ai moi-même trouvé que certaines informations étaient difficiles à recevoir sans se sentir touchée.
Peut-être avez-vous ressenti la même chose : de l’inquiétude, de la colère, de la tristesse, ou simplement cette impression de ne pas vraiment savoir quoi faire face à quelque chose qui nous dépasse largement. On veut rester informée, parce que ces sujets nous concernent profondément. Mais à force, il peut aussi devenir difficile de garder de la distance et de ne pas laisser cette inquiétude prendre trop de place dans notre quotidien.
C’est justement là que peut apparaître ce que l’on appelle l’écoanxiété : une réaction face à une réalité qui nous touche et sur laquelle nous avons parfois le sentiment d’avoir très peu de prise.
Alors, comment continuer à regarder les choses en face sans se sentir constamment submergée ? Comment rester concernée, engagée, tout en préservant son énergie et son équilibre ? C’est ce que je vous propose d’explorer dans cet article, bonne lecture !

Qu’est-ce que l’écoanxiété ?
Le terme écoanxiété désigne les inquiétudes et les émotions liées aux bouleversements environnementaux et à leurs conséquences présentes ou futures. Peur, colère, tristesse, sentiment d’impuissance ou encore culpabilité peuvent ainsi se mêler.
Il est important de préciser que l’écoanxiété ne constitue pas, en elle-même, un diagnostic psychiatrique officiel. L’Inserm rappelle d’ailleurs qu’il n’existe pas encore de définition médicale faisant totalement consensus.
Cela ne signifie pas pour autant que ce que vous ressentez est insignifiant. L’Organisation mondiale de la Santé reconnaît les conséquences que le changement climatique peut avoir sur la santé mentale et le bien-être psychosocial, notamment à travers la détresse psychologique, l’anxiété ou encore le chagrin.
Autrement dit, être préoccupée par ce qui se passe autour de nous peut être une réaction profondément humaine. Le problème n’est donc pas forcément de ressentir de l’inquiétude. Il apparaît plutôt lorsque cette inquiétude devient tellement présente qu’elle épuise, paralyse ou envahit le quotidien.
À quel point l’actualité climatique vous affecte-t-elle ?
Il n’est pas toujours évident de savoir quelle place l’actualité environnementale occupe réellement dans notre quotidien. C’est pourquoi je vous propose de faire une petite pause dans votre lecture pour observer votre propre fonctionnement.
Quand l’inquiétude écologique commence-t-elle à prendre trop de place ?
Nous ne vivons pas toutes l’actualité climatique de la même manière. Certaines informations vont vous toucher fortement alors qu’une autre personne réussira à prendre davantage de distance. De même, votre réaction peut évoluer selon votre niveau de fatigue, votre histoire personnelle ou ce que vous traversez déjà à ce moment-là.
L’enjeu n’est donc pas de déterminer si vous êtes “trop sensible”, mais plutôt d’observer ce que ces informations provoquent chez vous.
Lorsque vous avez du mal à décrocher de l’actualité
Vous ouvrez votre téléphone pour lire une information sur une vague de chaleur. Puis vous consultez un autre article, une vidéo, les commentaires, une nouvelle publication… 20 minutes plus tard, vous vous sentez encore plus inquiète, mais vous continuez pourtant à chercher.
Ce mécanisme est assez compréhensible. Face à une situation qui nous paraît menaçante ou incertaine, nous pouvons chercher davantage d’informations pour essayer de retrouver du contrôle. Pourtant, s’exposer continuellement aux mêmes contenus ne nous aide pas forcément à mieux comprendre la situation.
Au contraire, vous pouvez finir par donner une place considérable au sujet dans votre espace mental. Même lorsque vous fermez votre téléphone, les informations restent avec vous. Vous y pensez en travaillant, avant de dormir ou en vous projetant dans les années à venir. Dans ce cas, la question n’est peut-être plus simplement : “Est-ce important de m’informer ?” mais plutôt : “De quelle manière puis-je m’informer sans me laisser absorber ?”.
Lorsque l’impuissance prend le dessus sur l’envie d’agir
L’échelle de la crise climatique peut également donner le sentiment que nos actions sont dérisoires.
Vous faites attention à certains achats, réduisez votre consommation, changez quelques habitudes et, dans le même temps, vous découvrez une nouvelle décision politique, un incendie gigantesque ou des chiffres qui semblent annuler tous les efforts réalisés. Ainsi, le découragement peut rapidement s’installer.
Or il y a une grande différence entre reconnaître les limites de notre pouvoir individuel et considérer que nous n’avons plus aucun pouvoir d’agir. Vous ne pouvez pas, seule, résoudre une problématique collective et systémique. Vous ne pouvez pas non plus contrôler toutes les décisions prises dans le monde. En revanche, il reste possible de choisir la façon dont vous vous informez, les causes auxquelles vous souhaitez contribuer, les gestes qui ont du sens pour vous et les personnes avec lesquelles vous avez envie d’agir.
Lorsque vous culpabilisez de ne jamais en faire assez
L’écoanxiété peut également prendre la forme d’une exigence permanente envers soi-même. Vous avez réduit certains achats, mais vous prenez encore l’avion. Vous essayez de consommer différemment, mais vous avez acheté quelque chose de neuf. Vous triez vos déchets, tout en sachant que cela ne suffira pas à régler la crise climatique. Alors une petite voix apparaît : “Je devrais faire davantage.”
Cette recherche de cohérence est légitime. Cependant, lorsqu’elle se transforme en recherche de perfection, elle peut devenir particulièrement épuisante. Aucun individu ne peut être irréprochable dans toutes ses décisions, d’autant plus que nos possibilités dépendent aussi de notre environnement, de nos moyens, de notre lieu de vie et des choix collectifs qui nous sont proposés.
L’engagement n’a donc pas besoin d’être parfait pour avoir de la valeur. Il peut être réaliste, choisi et soutenable dans le temps.
Comment gérer son écoanxiété sans cesser de s’informer ?
Lorsque l’actualité devient pesante, la tentation peut être de supprimer les applications, de ne plus regarder les informations et d’éviter tous les sujets liés au climat. Faire une pause peut parfois faire du bien, mais si ces questions sont importantes pour vous, détourner durablement le regard risque aussi de créer un décalage avec vos valeurs. L’objectif n’est donc pas nécessairement de moins vous intéresser au climat, mais d’apprendre à mieux choisir la place que vous lui accordez.
Choisissez quand et comment vous vous informez
Toutes les informations n’ont pas besoin d’arriver jusqu’à vous en temps réel. Les notifications, les vidéos courtes, les publications alarmantes et le flux continu des réseaux sociaux entretiennent facilement le sentiment d’urgence. Vous pouvez pourtant rester parfaitement informée sans consulter les nouvelles plusieurs fois par heure. Essayez, par exemple, de choisir un ou deux moments de la journée pour vous informer, plutôt que de laisser les notifications décider quand votre attention doit se tourner vers l’actualité.
La qualité de vos sources compte également. Un article approfondi, qui apporte du contexte et des explications, ne produit pas nécessairement le même effet qu’une succession de contenus très courts conçus pour provoquer une réaction immédiate. Vous pouvez donc vous demander non seulement combien d’informations vous consommez, mais aussi comment vous les consommez.
Remettez une frontière entre ce qui dépend de vous et ce qui ne dépend pas de vous
Face à l’ampleur des enjeux écologiques, nous pouvons facilement nous sentir responsables de tout. Pourtant, votre espace d’action possède des limites. Vous ne maîtrisez pas une politique énergétique internationale, les décisions d’une multinationale ou le prochain épisode climatique extrême. En revanche, vous pouvez choisir certains comportements : par exemple, soutenir une initiative, voter, rejoindre un collectif, sensibiliser autour de vous ou décider à quels engagements vous souhaitez consacrer votre énergie.
Cette distinction ne consiste pas à minimiser le problème. Au contraire, elle permet de placer votre énergie là où elle peut réellement produire quelque chose, plutôt que de l’épuiser dans ce que vous ne pouvez pas contrôler.
Transformer l’inquiétude en une action qui vous ressemble
Lorsque nous nous sentons impuissantes, le passage à l’action peut redonner un sentiment de mouvement. Mais attention : agir ne signifie pas remplir une nouvelle liste d’obligations écologiques. Peut-être que votre façon d’agir passe par vos habitudes quotidiennes. Peut-être avez-vous davantage envie de soutenir une association, de participer à une initiative locale, de parler du sujet autour de vous ou de vous impliquer dans une démarche collective.
L’essentiel consiste à choisir quelque chose qui correspond à vos valeurs et à vos possibilités actuelles. Car lorsque l’action devient elle-même une source supplémentaire de pression, nous retrouvons exactement le problème que nous essayions de résoudre.
Vous n’avez pas à vivre ces émotions seule
L’écoanxiété peut donner l’impression de porter quelque chose d’immense et de très solitaire. Pourtant, les enjeux environnementaux sont, par définition, collectifs. Les réponses peuvent donc l’être également.
Échanger avec des personnes qui partagent vos préoccupations permet parfois de transformer une inquiétude isolée en réflexion commune. Vous pouvez alors parler de ce que vous ressentez, entendre d’autres façons de faire face et retrouver la sensation que vous n’êtes pas seule à vouloir que les choses évoluent.
Le lien aux autres joue d’ailleurs un rôle important dans notre équilibre psychologique. Le ministère de la Santé rappelle notamment l’importance des interactions sociales positives et des compétences permettant de faire face aux difficultés, y compris à l’écoanxiété, parmi les facteurs favorables à la santé mentale.
Et puis agir à plusieurs change également notre perception. Lorsque tout repose sur nous, chaque geste semble minuscule. Lorsque nous rejoignons quelque chose de plus collectif, nous pouvons retrouver le sentiment de participer à un mouvement plutôt que de lutter seule contre un problème trop grand.
Vous avez aussi le droit de penser à autre chose
C’est peut-être l’un des points les plus difficiles lorsque l’on se sent profondément concernée par l’urgence climatique. Comment rire, partir en week-end, profiter d’un repas ou simplement ne pas penser à la planète pendant quelques heures alors que nous savons ce qui se passe ?
Une forme de culpabilité peut apparaître, comme si se sentir bien signifiait ne plus être suffisamment consciente de la gravité de la situation. Pourtant, vous autoriser à vivre des moments agréables ne diminue pas votre engagement. Vous pouvez être préoccupée par le climat et profiter d’une soirée avec vos proches. Vous pouvez vouloir un changement profond de société et rire. Vous pouvez lire l’actualité demain plutôt que ce soir.
Notre cerveau a aussi besoin de moments dans lesquels l’attention se porte ailleurs. Préserver de la joie, du lien, du repos et de la curiosité n’est pas une façon de détourner le regard. C’est ce qui peut vous permettre de continuer à regarder sans vous épuiser.
Quand faut-il demander de l’aide ?
L’écoanxiété n’est pas en soi une maladie. Néanmoins, toutes les formes d’anxiété méritent d’être prises au sérieux lorsqu’elles deviennent particulièrement envahissantes.
Si vos inquiétudes vous empêchent régulièrement de dormir, rendent difficile votre concentration, perturbent vos relations ou vos activités, ou si vous avez le sentiment qu’elles prennent une place que vous ne parvenez plus à réguler, n’attendez pas nécessairement que la situation devienne plus difficile. Un professionnel de santé mentale pourra vous accompagner lorsque cette anxiété génère une souffrance importante ou un retentissement quotidien.
De son côté, le coaching de vie peut avoir sa place lorsque vous souhaitez prendre du recul sur votre rapport à l’information, clarifier ce qui dépend de vous, travailler votre sentiment d’impuissance ou retrouver des actions cohérentes avec vos valeurs. Dans mes accompagnements Focus Femmes, mon rôle n’est pas de vous demander de relativiser ce que vous ressentez. Il consiste plutôt à vous aider à comprendre ce qui se joue, identifier votre marge de manœuvre et retrouver votre capacité à agir sans vous épuiser.
Gérer son écoanxiété, ce n’est pas devenir indifférente
Peut-être est-ce finalement le point le plus important à retenir. Prendre soin de vous face aux nouvelles climatiques ne signifie pas nier la réalité. Limiter votre exposition à l’information ne signifie pas fermer les yeux. Et reconnaître les limites de votre action individuelle ne signifie pas renoncer.
Il s’agit plutôt de trouver une façon de rester en lien avec le monde sans laisser toutes ses difficultés entrer en permanence dans votre espace mental. Vous pouvez choisir quand vous informer. Vous pouvez ressentir de la peur ou de la colère sans laisser ces émotions guider toutes vos journées. Vous pouvez agir à votre échelle sans chercher à devenir irréprochable. Et surtout, vous pouvez continuer à cultiver de la joie, des projets et des relations qui vous font du bien.
Car votre inquiétude montre aussi quelque chose de précieux : vous vous sentez concernée. L’enjeu n’est donc pas de la faire disparaître à tout prix. Il est peut-être plutôt d’apprendre à la transformer pour qu’elle ne vous paralyse pas et qu’elle puisse, lorsque c’est possible, redevenir une force pour agir.
Qui suis-je ?
Je m’appelle Anne et je suis psychopraticienne, Maître Praticienne en Approche Neurocognitive et Comportementale. En tant que coach de vie certifiée, j’accompagne les femmes qui sont soumises aux nombreux aléas de la vie.
Avec Focus Femmes, je vous propose un accompagnement personnalisé de coaching de vie. Le but est d’ouvrir l’accès à votre indépendance dans vos choix de vie professionnelle ou personnelle. Mon objectif est de vous aider à découvrir vos forces, lever les blocages, clarifier vos envies/objectifs et projets. Puis, enfin, je vous accompagnerai dans la mise en action.


