Ce 8 mars, nous célébrons la Journée internationale des droits des femmes. L’occasion de rendre hommage à celles qui ont marqué l’Histoire et que l’on a trop souvent oubliées. C’est pourquoi, dans la continuité de mon ouvrage ‘Rebelles, elles sont vos coachs’ sorti l’année dernière, je poursuis ce travail de transmission et de mise en lumière.
Car certaines femmes ne nous inspirent pas seulement par leur parcours. Elles nous accompagnent. Elles interrogent nos choix. Elles ouvrent des chemins.
Depuis plusieurs années, j’explore l’histoire des femmes comme on redécouvre un territoire resté longtemps invisible : des scientifiques ignorées, des exploratrices effacées, des penseuses reléguées à la marge alors même qu’elles ont contribué à transformer notre monde.
Entre le 1er et le 8 mars, nous avons publié chaque jour sur Instagram le portrait d’une femme d’exception. Scientifiques, pédagogues, ingénieures, aventurières ou chercheuses : leurs trajectoires traversent les siècles pour nous parler, avec une étonnante modernité, de liberté intérieure, d’audace et d’engagement.
Voici ce que ces huit femmes ont encore à nous dire aujourd’hui. Bonne lecture à vous !
Maria Montessori – Capter l’élan vital pour mieux apprendre
(1870 – 1952)

Née en Italie, Maria Montessori est issue d’une famille qui aspire à s’élever socialement. Elle débute des études de sciences naturelles, une tactique pour intégrer la faculté de médecine. Régulièrement moquée par ses collègues étudiants masculins, elle réplique “Soufflez, Soufflez, vous me pousserez plus loin !”. Elle choisit la psychiatrie comme spécialité et commence à exercer dans un établissement chargé d’accompagner les troubles psychiatriques chez les enfants. Ses recherches sur le développement psychomoteur de l’enfant débutent.
Grâce à sa capacité d’observation et d’attention, elle prend conscience de l’importance du mouvement et du sensoriel dans le développement cognitif de l’enfant. Maria pense que l’éducateur doit « aider la vie », se mettre au service de la vie, en créant les conditions favorables au développement vital de l’enfant. S’adapter aux stades de sa croissance spirituelle, suivre ses intérêts spontanés, bien le nourrir et lui prodiguer les meilleurs soins, c’est ce qui permettra le plein épanouissement de son potentiel.
D’un être incomplet, l’enfant devient, avec Montessori, « une terre fertile » sur laquelle, il faut donner « des graines de toute choses ». Cela implique de rendre l’enfant acteur de son apprentissage, et non comme une prise de pouvoir par l’adulte.
« L’esprit n’est pas un vase qu’on remplit »
Appelant à une véritable science de l’enfant, Maria Montessori, contribue, par ses recherches à la naissance de la psychologie de l’enfant .
Maria Montessori a profondément transformé notre manière de penser l’apprentissage. Elle comprend très tôt que l’on ne développe pas un être humain en le contraignant, mais en soutenant son élan naturel. Son intuition reste essentielle aujourd’hui : nous avançons mieux lorsque nous suivons ce qui nous met en mouvement.
Irène Joliot-Curie – La rigueur et l’exigence morales pour une science humaniste
(1897 – 1956)

Passionnée par les mathématiques et la physique, elle invente, avec son mari Frédéric, la radioactivité artificielle. Irène sait mailler la précision, la rigueur à l’origine de ses découvertes, avec une interrogation éthique sur l’énergie nucléaire et ses applications potentiellement dangereuses.
4 dates pour explorer la profondeur et la variété des engagements d’Irène :
- 1935 : Prix Nobel de Chimie avec son mari Frédéric pour leur découverte de la radioactivité artificielle. C’est elle qui prend la parole en premier, marquée par le souvenir d’enfance où ses parents avaient reçu ce même prix Nobel et où sa mère n’avait pas eu droit à la parole.
- 1936 : Irène entre au gouvernement du Front populaire (seules 3 femmes en feront partie) en tant que sous-secrétaire d’État aux Recherches Scientifiques et investit le champ politique pour développer l’accès des femmes à la science.
- 1945 : Seule femme à être admise au sein du CEA chargée de la prospection de l’uranium et la chimie des matériaux.
- 1946 : Elle devient la patronne de l’Institut du Radium, où elle prend des mesures pour protéger les recherches sensibles, lors de la Seconde Guerre mondiale, pour éviter des utilisations, allant à l’encontre de l’humanité.
Ses pistes de réflexion pour aujourd’hui :
- Réfléchir sur la relation Ethique & Politique et combattre l’illusion de la toute-puissance. Irène nous invite à ancrer les progrès scientifiques dans le réel et non, au nom d’une vérité invisible et inaccessible pour le plus grand nombre.
- Quid de l’engagement qui fût pour Irène, bien plus que scientifique ? À découvrir Irène, l’engagement commence par la volonté d’améliorer la vie concrète des humains, de défendre les intérêts de la vie.
Claudine Picardet – La traduction et la diffusion du savoir
(1735 – 1820)

Claudine naît le 7 août 1735, dans une famille bourgeoise, aspirant à la noblesse. Autodidacte, elle apprend plusieurs langues (suédois, anglais, Italien et allemand). Curieuse, douée, et cherchant à acquérir sans cesse de nouvelles connaissances, son mari lui permet d’accéder à des salons, dans la suite de ceux de Madame de Staël.
Elle fréquente les cours à l’académie et ses liens étroits avec quelques scientifiques de renom, l’aident à lire des textes clés dans la transmission des connaissances scientifiques de l’époque. Sous l’impulsion du scientifique Guyton, Claudine commence à traduire des articles scientifiques et des essais comme « les Opuscules physiques et chimiques de Bergman ».
Ses travaux ne se concentrent pas uniquement sur les traductions, inestimables dans la diffusion du savoir de l’époque : elle va développer une expertise minutieuse en analyse chimique et contribuer de ce fait, au développement de la chimie. Elle effectue également des relevés barométriques pour Lavoisier. Elle développe des réseaux entre pairs, coopérant sur des travaux de recherche en France et à l’international.
Elle milite avec ses collègues, pour l’accès des femmes aux sciences. Elle coopère à des publications essentielles sur la compréhension des minéraux : traduction des œuvres du minéralogiste anglais Richard Kirwan, qui ne tarit pas d’éloges sur le travail de Claudine Picardet et son savoir. Elle contacte, échange, annote et corrige, le « Traité de caractères extérieurs des fossiles » d’Abraham Gottlob Werner (1790). En 1785, elle publie (enfin !) ses Mémoires de Chimie, de façon anonyme.
Reconnue à l’échelle nationale et internationale, son apport à la science est minimisé et oublié. Elle fera partie des 70 femmes, dont le nom va s’inscrire sur le premier étage de la tour Eiffel en 2026.
Sébastienne Guyot – S’élancer là ou l’on ne vous attend pas et performer
(1896-1941)

« Voyons Sébastienne, tu avais une carrière d’enseignante toute tracée ! » : C’est ainsi que son père accueille cette jeune femme, lorsqu’elle lui fait part de sa décision d’intégrer, en octobre 1917, l’école Centrale Paris. « Des femmes qui veulent accéder aux métiers d’hommes, vous n’y pensez pas ! »
Elle se lance dans la préparation de ce concours et est admise du premier coup, 57ème sur 452 candidats. Elle comprend les besoins de son temps et choisit de devenir une brillante aérodynamicienne et dessine des fuselages et des coques de plusieurs hydravions. Débordante d’énergie, elle se passionne pour le sport, là aussi, un domaine, notamment quand il s’agit de compétition réservée aux hommes.
Elle applique les qualités de son comportement habituel : assiduité, méthode, persévérance. Elle devient championne de France de cross-country en 1928, sélectionnée au JO d’Amsterdam en 1928 et vice-championne de France de cross en 1929 et 1930
En juillet 1940, elle rejoint la Résistance, décide d’aller libérer son frère, retenu dans une prison allemande, traverse clandestinement les lignes allemandes, mais son frère, refuse de la suivre, craignant des représailles. Elle est arrêtée par les Allemands, tombe malade et meurt brutalement en 1941.
Jeanne Baret – Entrer dans les territoires interdits et faire avancer le savoir
(1740-1807)

Première femme à avoir fait le tour du monde, issue d’un milieu modeste, à l’horizon étroit, elle ancre son existence dans l’audace et la soif de connaissance. Elle hérite d’une culture et d’un savoir empirique de la botanique et de l’herboristerie, transmis par sa grand-mère. Elle apprend à observer, à identifier, à récolter plantes et fleurs.
En 1760, elle croise le chemin de Philibert Commerson, fils d’un avocat aisé, qui se passionne pour la constitution d’herbiers. Il acquiert une réputation de naturaliste de haut niveau, mais veut découvrir le monde, répertorier et classer toutes les espèces végétales, existantes. Jeanne devient son assistante et sa maîtresse.
Louis XV finance une expédition de navigation pour renforcer le prestige scientifique et colonial de la France. Commerson est nommé naturaliste officiel. Le règlement naval interdit aux femmes de figurer sur un bateau. Jeanne ne veut à aucun prix abandonner ce travail de nomenclature qu’elle a commencé et décide de se déguiser en homme pour accéder à l’aventure. Entre l’effacement, le confort et l’audace : son choix est fait !
330 hommes prennent la mer et Jeanne devient invisible. Elle travaille sans relâche : manipule des presses à herbiers, des instruments scientifiques. L’expédition Bougainville atteint les côtes du Brésil en 1767. Philibert Commerson, blessé à la jambe, ne peut effectuer les repérages terrestres et la collecte des plantes. Jeanne assume cela seule, forçant l’admiration des hommes d’équipage. Elle découvre une liane flamboyante : la future Bougainvillée.
Malgré tous ses efforts, son nom n’apparaît nulle part alors que c’est la première expérience mondiale d’identification de plantes, herbes, mousses, lichens. Sa véritable identité va bientôt être révélée, mais elle n’est pas expulsée de cette aventure. À la mort de Commerson, elle poursuit l’étude de la flore qu’elle a pu identifier lors de son tour du monde, apportant de quoi fournir, des ressources utiles : épices, bois précieux, plantes médicinales, dont la connaissance devient de plus en plus précise.
Dans ce récit de ce tour du monde, qui s’inscrit dans la rivalité des mers entre la France et l’Angleterre, Jeanne n’y tient qu’une place marginale : une femme déguisée en homme. Et pourtant, elle incarne la curiosité universelle, la capacité à observer et à faire progresser le savoir européen.
Marie Tharp – Changer la représentation du monde
(1920-2006)

Cartographe, géologue américaine, elle est une figure majeure de la révolution scientifique du XXème siècle, qui transforma notre compréhension de la Terre.
Grâce à ses travaux, elle démontre l’existence d’une vallée du rift médio-océanique, s’étendant sur prés de 65000 kms et apportant une preuve décisive au concept de la dérive des continents. La terre se déchire aux coutures, depuis des millions d’années.
Marie naît en 1920 et grandit dans un environnement, marqué par la mobilité. Son père cartographie les sols aux quatre coins des Etats-Unis. Elle en profite pour le suivre et observer les roches, les arbres et devenir une naturaliste curieuse.
Elle s’intéresse de près à la géologie, apprend le dessin technique, compétence rare et stratégique dans le monde géologique, dominé par des hommes. Cette maîtrise de la représentation en 3D sera clé pour sa carrière. Elle suit un cursus en géologie pétrolière à l’Université du Michigan et rejoint le laboratoire de géophysique à l’Université de Columbia.
En 1952, elle débute une collaboration décisive avec le scientifique Bruce Heezen, qui va durer 25 ans. L’un part en mer pour enregistrer les sondages sous-marins et l’autre (Marie) compile patiemment les profils des profondeurs et des reliefs marins. Elle assemble, y ajoute d’autres indices : salinité, températures, etc, jusqu’à découvrir l’existence d’une vallée profonde le long de la dorsale médio-atlantique. La dérive des continents est prouvée.
La réaction de l’Establisment américain ne se fait pas attendre, raillant volontiers sa découverte. Son partenaire Heezen, parle même de « Girl talk » (parole de bonne-femme !). Elle n’en démord pas, redessine les profils, et établit une cohérence frappante entre la vallée centrale et la répartition des épicentres sismiques. Elle ébranle les certitudes de la communauté scientifique. Le monde s’explique autrement : en cartographiant l’invisible et en découvrant une vallée sous-marine, elle a changé la manière dont l’humanité se représente sa planète.
Adrienne Bolland – Le défi : source de vie et d’expression
(1895-1975)

Première dans l’histoire de l’aviation à avoir franchi avec un vieux biplan de 80 chevaux, la Cordillère des Andes, Adrienne Bolland, marque les débuts de l’aviation, par son caractère intrépide, son sens du défi, chaque fois renouvelé, et sa capacité à casser les codes et à garder sa liberté d’agir et de créer.
Elle naît en 1895, adorée par son père et surnommée par sa mère « La Poison ». Adrienne comprend rapidement ce que les normes sociales et particulièrement celle de sa famille bourgeoise attendent d’elle : douceur, broderie et devenir mère. Face à ce constat, son premier défi sera de se choisir 3 valeurs qui guideront sa vie : liberté, espaces, danger. « Tu es une délinquante » lui siffle sa mère. Adrienne ne s’arrête pas à cette insulte et décide de devenir aviatrice.
Si les débuts sont difficiles, elle déploie une capacité de concentration maximale pour apprendre par cœur le vocabulaire technique. Hyperactive, elle est rétive aux ordres de son manager et passe pour une forte tête. Elle devient après deux mois de pilotage intensif, une des premières femmes à obtenir son brevet de pilote et souhaite développer des meetings aériens de looping. Mais les défis techniques lui manquent et elle rêve de traverser avec son Gaudron (le nom de l’appareil de son employeur) la Cordillière des Andes. Le risque est maximal : températures élevées, altitudes de plus de 4000 mètres, hypothétique résistance de l’appareil à cette altitude. Elle essaye de se trouver des sponsors, mais son manager refuse de prendre ce risque. Elle négocie l’aide de son ami mécanicien et part pour Mendoza, (Argentine).
Ce ne sont pas des montagnes en chocolat, préviennent les habitants et les experts aériens. La veille, une diseuse de bonne aventure se présente à son hôtel en lui signifiant qu’elle risque de voir, sur la montagne, la forme d’une huitre qui donne l’impression d’une voie de traversée : qu’elle ne s’engage pas et qu’elle parte à l’opposé. Adrienne écoute d’une oreille distraite. Le lendemain, l’avion décolle à 7h30, équipée d’une veste de cuir et de journaux glissés sous la peau. Elle arrive à 4000 mètres d’altitude et découvre, cette montagne en forme d’huitre. Elle décide de suivre les conseils de cette femme et gagne ainsi son pari. Le consul lui avouera, avoir cru à un poisson d’avril quand on lui a annoncé la nouvelle.
Elle devient une star, enchaine les meetings aériens, en battant le record féminin de loopings en réalisant 212 boucles en 72 minutes. C’est l’acrobate de l’air la plus active et la plus populaire de France.
Simone Weil – La puissance de l’attention
(1909 – 1943)

Née en 1909 à Paris, Simone Weil est une philosophe française aussi brillante qu’inclassable. Élève de l’École normale supérieure, agrégée de philosophie à seulement 22 ans, elle choisit pourtant de ne pas rester dans une pensée abstraite ou académique. Très tôt, elle refuse la distance entre théorie et réalité.
Elle enseigne la philosophie, mais décide aussi de travailler en usine, convaincue qu’on ne peut comprendre la condition humaine sans l’expérimenter. Cette immersion volontaire dans le monde ouvrier marquera profondément sa pensée : elle y observe la fatigue, l’aliénation, mais aussi la dignité silencieuse du travail. Engagée politiquement et socialement, elle participe aux luttes ouvrières et s’implique brièvement pendant la guerre d’Espagne. Toute sa vie, elle cherche une cohérence radicale entre ses idées et sa manière de vivre.
Au cœur de sa réflexion : l’attention. Pour Simone Weil, l’attention est une discipline intérieure. Elle demande un effort, une présence réelle au monde. C’est cette qualité d’attention qui permet de comprendre le réel, d’accéder à une forme de vérité et surtout de rencontrer véritablement l’autre. Dans un monde déjà traversé par la distraction et le bruit idéologique, elle pressent un danger majeur : la perte de notre capacité à nous concentrer, à penser par nous-mêmes.
Son œuvre, nourrie de philosophie, de spiritualité et d’expérience vécue, reste profondément actuelle. Elle nous rappelle que penser n’est pas accumuler des idées, mais apprendre à regarder avec justesse.
Affaiblie par la guerre et la maladie, Simone Weil meurt en 1943, à seulement 34 ans. Elle laisse pourtant une pensée d’une intensité rare, exigeante, dérangeante, mais profondément lumineuse.
Son message résonne encore aujourd’hui : ce à quoi nous prêtons attention façonne notre rapport au monde… et à nous-mêmes.
Pourquoi ces femmes nous parlent encore aujourd’hui
Ces femmes ne sont pas des héroïnes lointaines.
Elles ont douté. Elles ont été contestées. Elles ont avancé sans garantie de réussite. Et c’est précisément ce qui les rend proches de nous.
Le coaching que je propose avec Focus Femmes s’inscrit dans cette même démarche : aider chacune à mobiliser ses ressources, clarifier ses choix et reprendre le gouvernail de sa vie.
Car l’histoire des femmes n’est pas seulement un héritage. Elle peut devenir un appui pour agir aujourd’hui.
Qui suis-je ?
Je m’appelle Anne et je suis psychopraticienne, Maître Praticienne en Approche Neurocognitive et Comportementale. En tant que coach de vie certifiée, j’accompagne les femmes qui sont soumises aux nombreux aléas de la vie.
Avec Focus Femmes, je vous propose un accompagnement personnalisé de coaching de vie. Le but est d’ouvrir l’accès à votre indépendance dans vos choix de vie professionnelle ou personnelle. Mon objectif est de vous aider à découvrir vos forces, lever les blocages, clarifier vos envies/objectifs et projets. Puis, enfin, je vous accompagnerai dans la mise en action.


